La Caméra avec soi

Témoignage d'une habitude, avoir toujours la caméra sur soi. Bien sûr, batterie chargée et carte mémoire disposant de suffisamment d'espace.

L'objectif ici n'est pas la recherche du scoop. Juste être prêt. Nul ne sait quand on se trouve, au bon endroit, au bon moment, pour témoigner de la poésie d'un instant.

En présence d'un lieu, d'une atmosphère, le faiseur d'image doit être en mesure de capter ce qui l'entoure, comme une matière première pour éventuellement plus tard la façonner, y mettre une part de soi puis la partager.

Une règle de base : ne pas s'oublier et filmer continuellement à la recherche de l'Instant. Plutôt faire l'inverse : se promener, humer l'air, s'inspirer. Si l'on reste à sa propre écoute, tout vient aisément, le besoin de sortir l'appareil se fait ressentir et on se met à filmer sans réellement s'en rendre compte. Accepter de se laisser guider. Et là, naturellement on trouve l'endroit ou placer la caméra afin de capturer au mieux ce que l'on perçoit. Puis on y prend goût, et alors il peut arriver que l'on construise une histoire avec ces humeurs d'images.

D'autres fois, ce moment se laisse vivre pleinement tant et si bien que la caméra reste dans le sac. Dans ces jours, c'est juste très bien ainsi car... c'est comme cela que cela devait être.

Coupe, illustration, b-roll

Quelquefois, il s'agit d'une commande que l'on se fait à soi. On prévoit alors quelques plans dont aura besoin pour une virgule dans un film ou une séquence précise. Ces images sont nommées de façon courante, plans de coupe ou plans d'illustration. Le terme anglais de b-roll est encore plus intéressant, il dit autre chose. En plus de permettre un meilleur raccord au montage (plan de coupe) ou d'illustrer un propos (plan d'illustration), le b-roll peut être considéré comme la présence d'une deuxième caméra racontant une histoire en résonance avec la première, y apportant un sens complémentaire. J'y reviendrais probablement dans un prochain article. Une fois donc l'inspiration trouvée, on utilise nos plans à cette fin.

Dans le cas où on filme sans but précis, Il arrive qu'à l'instant exact ou l'on se met à tourner, on comprend pourquoi on doit le faire. Et si le pourquoi n'est pas clair, l'évidence l'est ; on sait qu'il faut filmer. En effet, les petites séquences témoins de la présence au lieu, nous sont toujours utiles. Que l'on conserve ou pas ces séquences pour le projet du moment, il faut les vivre comme des exercices visuels. Ils entrainent à trouver des cadres, à être à l'écoute. C'est aussi une inspiration pour des films en devenir. On expérimente dans le vrai, on s'aguerrit techniquement, on muscle l'imagination, on teste...

Enfin, ces moments de tournage et les traces qu'ils laissent sont des marqueurs de temps, des souvenirs qui donnent de nouvelles idées à chaque regard.

 

 


La Mangrove en Martinique

voyage

C'est souvent dans le voyage qu'on se sent le plus... "en présence". Dans le lieu et dans l'instant. Le rythme changeant de l' ailleurs, les nouveaux mouvements qui nous entraînent, tout cela convient étonnamment à une plus grande intimité avec nous-même.

Curiosité des lieux inconnus. Besoin d'aller vers l'autre, de comprendre l'alentour. Le voyage pousse à une forme de concentration souvent productive. Ici dans la région de Asinsaari en Finlande, les paysages et les silences du lac immense, accompagnaient mes promenades et méditations du matin. Filmer, chercher des plans est souvent un prétexte pour se fondre dans la nature, écouter les insectes, sentir l'odeur du bois mort, prendre la température de la terre, tremper les mains dans l'eau, observer les oiseaux et... manger des myrtilles !

En partage, quelques plans qui n'ont pas fait partie du film tourné là-bas, mais que j'ai réagencé dès mon retour sur une musique trouvée à Helsinki à quelques heures du départ.

Post Author: christianforet

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *