Inspiration

Comme dans toute œuvre humaine, l'inspiration accompagne. Elle permet de soutenir toutes les étapes de la fabrication du film, quelque soit son importance.

Faire de soi un terrain propice au souffle de l'inspiration passe par l'élargissement de sa vision, au-delà des sens.

Une des disciplines pour cela est de provoquer les occasions de nourrir l'imagination.

Imagination

L'imagination est souvent contrainte. Dans le sens ou elle a une fonction, celle de guider et d'enrichir le travail et de rendre le résultat inspirant pour le spectateur. Elle n'est pas totalement libre, elle doit respecter les règles de la narration, de l'information et de la technique, mais elle doit l'être suffisamment pour générer émotion et surprise.

La première des actions est donc de l'enrichir à partir du thème que l'on a choisi de traiter.

Essayer de maitriser au mieux le sujet, c'est essayer de le connaitre par l'esprit, la raison, quelquefois aussi par le corps.

D'abord des rencontres, de longues discussions, des entretiens filmés ou pas.

Engranger l'information, être comme un buvard, s'enrichir de tout ce que l'on ne sait pas et revoir tout ce que l'on croit savoir. Et rester en observation vigilante. Comprendre les mots et entre les mots, écouter les gens et prêter l'oreille à ce qui se dit et surtout à ce qui ne se dit pas. Voir ce qui ne doit pas se voir, entendre ce qui ne peut s'entendre. Sans filmer, sans enregistrer. Là résident d'autres vérités.

Mur d'inspiration

Ensuite lire, ou en même temps.

Créer son "mur d'inspiration" avec livres, objets, croquis, photos, site à visiter, etc.. (Evernote et Google keep sont excellents pour ça).

Le dilemme est le suivant : Faut-il bien cerner son sujet en amont ou garder la fraicheur de la découverte ?

Dans le documentaire notamment, il est demandé au réalisateur une note d'intention, un synopsis et beaucoup d'éléments précis comme les personnages qui seront dans le film, etc. De fait, avant même de sortir la caméra, il doit sinon enquêter en tout cas se documenter consciencieusement. Sur certains projets, cela peut fausser le regard, donc garder l'œil frais est une discipline sérieuse, un travail à faire sur soi.

Sur mon blog perso, mon mur d'inspiration du film "Akayouman, l'esprit du Grand-Père Serpent"

Mur 1                                                              Mur2                                                                  Mur 3

Chemin initiatique

Ce qui peut aider à faire la part des choses c'est emprunter une sorte de chemin initiatique. Plus qu'une route rectiligne, il s'agit plutôt d'allers retours permanents. Une oscillation continue entre émotion et raison qui de part son inertie se choisit une direction.

Partir de soi et comprendre ce qui nous lie au sujet, se donner l'autorisation de se connaitre au mieux. Aller là ou réside notre sensibilité. Quand le thème du futur film nous a fait frémir, alors on peut s'écarter progressivement de cette émotion. Puis lire, noter, enquêter, écrire, structurer.

De temps à autre, revenir vers le sensible. Demander l'aide à son intuition afin de se débarrasser de ses certitudes et des certitudes de ceux que l'on a rencontré. La seule certitude à atteindre est celle de l'œuvre. Elle se trouve dans un ailleurs, au-dessus de nous.

Il faut donc laisser le film se faire ou plutôt le laisser "faire ses affaires". Lâcher le contrôle, savoir son égo présent et juste faire avec.

Puis alterner : Mouliner le tout au filtre des connaissances acquises sur le sujet et une fois de plus, tout abandonner. Laisser place au silence et tenter de ressentir. Ainsi l'inspiration ne nous abandonne pas de l'écriture au tournage enfin à la postproduction.

Montage

Ce moment magique de la création, c'est le temps de se remettre dans le flow des images que l'on a dans la tête. Celles que l'on a vu sans avoir pu les capturer dans la caméra, celles que l'on a créé sans s'en rendre compte mais qui n'existent que dans notre imagination. Celles que l'on a repéré en sélectionnant des archives ou du stock shot. Celles que l'on a tourné, celles que d'autres ont tourné.

Et surtout celles qui magiquement se retrouvent face à soi sur l'écran de montage en coïncidence parfaite avec la pensée du moment.

Là ou se construit une réalité, le film et ou s'abandonnent les rêves de film. Joie et peine en même temps, ascenseur émotionnel jouissif de l'acte de réalisation.

Post Author: christianforet

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