Expositions

Il est des lieux où l'on gagnerait à flâner plus souvent. Même s’ils ne sont pas toujours d'une grande attractivité, les espaces d'exposition offrent quelquefois des clefs pour débloquer une inspiration bafouillante ou même enclencher la "machine à idée".

Le faiseur de film sait généralement que la nourriture de l'imagination est au rendez-vous des expositions photos, peintures, sculptures, etc. Mais il a tendance à négliger les expositions plus classiques et permanentes des musées. Pourtant, là se rencontrent des histoires anciennes, des récits de personnages célèbres des habitudes d'inconnus et plus concrètement, des objets. Beaucoup d'objets, témoins d'époques et de mœurs différentes et donc ouvrant l'esprit à de nouvelles contrées.

En se transportant à travers le temps, nos perspectives changent. Nous sommes invités au pas de côté permettant une préhension différente du monde d'aujourd'hui. Il y a peu de risque à se laisser emporter sinon celui d'agrandir nos registres, de rafraichir les idées qui nous traversent.

Chemin d'art

Dans le cadre de l'exposition " Chemin d'art : l’empreinte amérindienne à travers le temps", l'équipe du musée d'archéologie et de préhistoire de Martinique m'avait demandé de réaliser de courts films, sortes de portraits d'artistes expliquant leur démarche en rapport avec ce "monde enfoui" des premiers habitants de la Caraïbe. Comme toujours dans ces cas, le délai est cours, les artistes pas toujours disponibles, mais tous ravis de cette opportunité, me reçoivent chez eux, privilège dont je mesure toujours la valeur.

Pour chacun, ce sont toujours de beaux échanges avant d'enclencher la caméra. Chaque artiste me parle de lui à sa façon et me renseigne sur son parcours. Il est étonnant comme le discours rejoint l'œuvre. Souvent, il l'explique en partie. Le niveau de sincérité est différent selon chacun et la nature du travail le démontre.

Victor Anicet, présent dans deux de mes films précédents "Détectives du passé" et "Akayouman", reste une rencontre simple et enrichissante au plus haut point, au-delà des propos et des images. Quelques mots sur lui et sur son travail, ainsi que le module vidéo ici, dans cet article de mon blog perso.

En se laissant voyager dans les travaux, imprégner du lieu où vit l'artiste, on comprend mieux les motivations de l'acte de création. La prépondérance d'une recherche intérieure pour l'un, le regard porté sur sa terre pour l'autre ou encore la volonté de montrer son talent à la face du monde pour un troisième et plein de raison qui explique l'engagement dans l'art.

Le travail de René Louise, auteur également du "Manifeste du marronisme moderne".

 

Lien affilié

Paradoxe

Le paradoxe est que tout ne se dit pas à la caméra. Il est vain de vouloir tout capter. Il faut admettre qu'au-delà des entretiens et du film, on se retrouve simple témoin, confident d'un jour. Le devoir du documentariste est de se donner pleinement à ce moment privilégié et sa chance est de pouvoir recueillir au maximum cette matière indicible. Et de pouvoir ensuite la faire rejaillir d'une façon ou d'une autre sur son propre travail.

Une des vidéos réalisée, celle de Ricardo Ozier-Lafontaine qui quelques mois après, proposera son expo "Reset" à l'habitation Clément. Voir ici, le site de la fondation.

Post Author: christianforet

2 Replies to “Musées”

  1. Merci pour ces entretiens très enrichissants! Une belle mise en valeur des artistes.👍🏽👍🏽👏🏽👏🏽

    1. Leur travaux le valent bien,
      c’est important de les rendre accessibles
      Merci pour ton commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *