SEA MAROONS

2013, l'opération Sea-Maroons, organisée dans le cadre de l'inauguration du MémorialACT consistait à relier par la mer, en pirogue, la Martinique, la Dominique puis la Guadeloupe via les Saintes.

Une façon pour ses organisateurs de commémorer l'abolition de l'esclavage mais aussi d'éclairer une partie de l'histoire peu connue. En effet, durant la période esclavagiste, les pirogues et canots de pêche étaient enchainées par leurs propriétaires, sous peine d'amende, pour empêcher les fuites d'esclaves vers les iles voisines.
Le phénomène de marronnage par la mer à toujours existé et s'est accéléré une quinzaine d'année avant l'abolition dans les iles françaises. Ainsi des milliers d'esclaves accompagné quelquefois d'affranchis ont pris la mer pour rejoindre les iles anglaises ou l'esclavage avait été aboli en 1833.

Cette page de l'histoire est richement documentée dans l'ouvrage de Georges Bernard Mauvois (1949-2011) “les Marrons de la mer”

Pour en savoir un peu plus sur ce livre, n'hésitez pas à faire une visite sur le site "Tanlistwa" de Jessica Pierre-Louis

Les Marrons de la mer de Georges B. Mauvois

EXPEDITION

Lors de l'expédition Sea-Maroons, en escale à la Dominique, un petit nombre d'entre nous, scientifiques et militants de l'association Karisko, ainsi qu'une équipe de l'émission française Thalassa avons eu l'honneur de nous rendre sur le Jacko camp, base de Nèg Mawon de la Dominique en compagnie du docteur Lennox Honychurch.

Histoire

Nous sommes à la période esclavagiste et de nombreux esclaves s'enfuient en prenant le maquis. Dans certaines îles, ils sont suffisamment nombreux pour se rassembler et vont jusqu'à mener des offensives contre la puissance coloniale.
Jacko était un chef Maron de la Dominique, Waitukubuli en langue kalinago. Avec les hommes et les femmes qui composent son camp, Il établit une stratégie militaire dont il reste encore des traces de nos jours, les "Jacko steps". Le seul accès au camp étaient des marches dont la largeur diminuait au fur et à mesure que l'on montait. Cela contraignait les soldats anglais à passer un par un ou ils étaient plus facilement combattus par les marons.
En l'honneur des combats de marons de la Dominique Docteur Honychurch a publié ce livre : " Nègre Mawon, The fighting Maroons of Dominica".

          C'était le pays des marrons. C'était un État dans un État : un État africain qui existait au sein de l'État colonial européen de la Dominique côtière.

 

Il existe très peu de trace de présence de camps de nègres Marrons dans la Caraïbe. Ici, dans les montagnes de Dominique, une atmosphère particulière règne, un sentiment de fierté et aussi un respect profond pour ces hommes et ces femmes, arrachés de leur terre natale essayant de recréer ici, dans cette Caraïbe et à travers leur résistance de nouvelles nations.


Sur les marrons de la Dominique :


https://www.uncommoncaribbean.com/dominica/maroons-of-dominica-caribbean-war/

Au milieu de ce qu'il reste du lieu, la question est : Comment retranscrire tout ce que l'on vit en images et en sons. Il y a peu d'éléments visuels. Les marches bien sûr, mais la caméra a du mal à leur donner leur vraie dimension. L'espace du camp n'est maintenant plus qu'une forêt d'arbres de toutes tailles.

Il apparait alors que le moment est de poser la caméra, d'observer. Ressentir la richesse du lieu et essayer d'en capter l'énergie.

Offrande

Toutes ces expériences qui nous marquent, s'impriment dans nos cellules. Elles forgent en nous d'autres façons d'appréhender l'image.

Nul ne sait avec le temps en quoi peuvent se transformer ces moments uniques.

Un dernier hommage en image avec Offrande, tournée en grandes parties sur le site de l'anse Bellay, Trois-Ilets, Martinique.

Post Author: christianforet

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